Les vaccins recommandés pour les plus de 70 ans

Après 70 ans, le système immunitaire perd en réactivité face aux infections. Les vaccins recommandés pour les plus de 70 ans ne se limitent pas à la grippe saisonnière : le calendrier vaccinal français prévoit plusieurs vaccinations spécifiques, dont certaines ont été actualisées en 2026 avec de nouveaux produits couvrant davantage de souches pathogènes.

Vaccin pneumocoque après 70 ans : la nouveauté CAPVAXIVE (VPC21)

La plupart des articles sur la vaccination des seniors mentionnent le pneumocoque sans distinguer les vaccins disponibles. La Haute Autorité de Santé a publié le 30 juillet 2026 un avis qui change la donne pour les plus de 65 ans, et a fortiori pour les plus de 70 ans.

La HAS recommande désormais l’usage préférentiel du vaccin CAPVAXIVE (VPC21) en dose unique chez les personnes âgées de 65 ans et plus. Ce vaccin conjugué couvre une proportion plus élevée des infections invasives à pneumocoque dans cette tranche d’âge que le PREVENAR 20 (VPC20) utilisé jusqu’ici.

Les données de la HAS précisent que CAPVAXIVE couvre 84 % des cas chez les 65 ans et plus, contre 63 % pour le VPC20. L’écart de couverture est substantiel et explique cette hiérarchisation entre les deux produits.

Un point rarement mentionné dans les contenus grand public : VPC20 et VPC21 peuvent être coadministrés avec les autres vaccinations recommandées. Concrètement, un patient de plus de 70 ans peut recevoir son vaccin pneumocoque lors de la même séance que la grippe ou le Covid-19, ce qui simplifie le parcours vaccinal.

Homme âgé consultant un pharmacien sur le calendrier vaccinal recommandé pour les seniors

Calendrier vaccinal des plus de 70 ans : comparatif des vaccinations

Le calendrier vaccinal français distingue les vaccinations systématiques (recommandées à tous) et celles réservées aux situations particulières (pathologies chroniques, immunodépression). Voici un récapitulatif pour les personnes de plus de 70 ans.

Vaccin Fréquence Particularité après 70 ans
Grippe saisonnière Chaque automne Prise en charge à 100 % par l’Assurance maladie dès 65 ans
Covid-19 Chaque automne (dose supplémentaire au printemps dès 80 ans) Dose de printemps ajoutée pour les résidents d’EHPAD et les 80 ans et plus
Pneumocoque (CAPVAXIVE / VPC21) Dose unique (recommandation HAS 2026) Couvre 84 % des infections invasives chez les 65 ans et plus
Diphtérie-Tétanos-Poliomyélite (DTP) Rappel tous les 10 ans après 65 ans Intervalle raccourci par rapport aux adultes jeunes (tous les 20 ans avant 65 ans)
Zona Dose unique ou schéma selon le vaccin Recommandé dès 65 ans, le risque de zona et de névralgies post-zostériennes augmente avec l’âge

Ce tableau reflète les recommandations générales. Des vaccinations complémentaires peuvent s’ajouter selon le profil médical (coqueluche en cas de contact avec des nourrissons, hépatite A ou B selon l’exposition).

Rappel DTP tous les 10 ans : pourquoi le rythme change après 65 ans

Avant 65 ans, les rappels diphtérie-tétanos-poliomyélite sont espacés de 20 ans (à 25, 45 puis 65 ans). Après 65 ans, l’intervalle passe à 10 ans : rappels à 75, 85, 95 ans. Ce raccourcissement est directement lié à l’immunosénescence, la baisse progressive de la réponse immunitaire avec l’âge.

L’immunosénescence ne touche pas seulement la production d’anticorps. La mémoire immunitaire acquise par les vaccinations antérieures s’érode plus vite, ce qui justifie des rappels plus rapprochés pour maintenir un niveau de protection suffisant.

Un oubli de rappel DTP est fréquent chez les plus de 70 ans. Le médecin traitant ou le pharmacien peuvent vérifier le statut vaccinal et proposer un rattrapage. Un rappel DTP manqué ne nécessite pas de recommencer tout le schéma : une seule dose de rattrapage suffit dans la majorité des cas.

Grippe et Covid-19 : deux rendez-vous vaccinaux chaque automne

La campagne de vaccination automnale combine grippe et Covid-19. Les deux injections peuvent être réalisées le même jour, une dans chaque bras. Pour les personnes de 80 ans et plus, une dose supplémentaire de vaccin Covid-19 est recommandée au printemps.

La grippe reste une cause majeure d’hospitalisation chez les plus de 70 ans. La vaccination antigrippale est prise en charge intégralement par l’Assurance maladie dès 65 ans, via un bon de prise en charge envoyé chaque année.

Zona après 70 ans : un vaccin souvent méconnu

Le zona résulte de la réactivation du virus varicelle-zona, resté latent dans l’organisme depuis l’enfance. Le risque de réactivation augmente nettement avec l’âge, et les complications (névralgies post-zostériennes, douleurs chroniques) sont plus fréquentes et plus sévères après 70 ans.

La vaccination contre le zona est recommandée à partir de 65 ans. Le vaccin zona réduit significativement le risque de névralgies post-zostériennes, qui constituent la complication la plus invalidante de cette maladie.

  • La vaccination zona peut être réalisée même si la personne a déjà eu un épisode de zona, après un délai de quelques mois.
  • Le vaccin zona peut être administré en même temps que le vaccin grippe ou le vaccin pneumocoque, lors d’une même consultation.
  • Les personnes immunodéprimées doivent discuter avec leur médecin du type de vaccin zona adapté à leur situation.

Gros plan d'une infirmière préparant une injection vaccinale sur le bras d'une personne âgée

Vaccinations en situation particulière après 70 ans

Certaines pathologies chroniques (diabète, insuffisance cardiaque, insuffisance respiratoire, immunodépression) augmentent le risque de complications infectieuses. Dans ces cas, des vaccinations supplémentaires peuvent être recommandées au-delà du calendrier standard.

  • La coqueluche est recommandée pour les personnes en contact régulier avec des nourrissons non encore vaccinés (stratégie dite du cocooning).
  • Les vaccins contre l’hépatite A et l’hépatite B sont recommandés en fonction de l’exposition (voyages, pathologie hépatique, entourage porteur).
  • Le vaccin contre le méningocoque peut être indiqué en cas d’asplénie, de déficit en complément ou de traitement immunosuppresseur.

Le médecin traitant reste le premier interlocuteur pour évaluer les vaccinations nécessaires selon le profil de chaque patient. Les pharmaciens sont également habilités à administrer la plupart de ces vaccins et peuvent consulter le carnet de vaccination pour identifier les rappels manquants.

Le calendrier vaccinal français évolue chaque année. L’actualisation 2026 de la stratégie pneumococcique illustre la rapidité de ces changements. Pour les plus de 70 ans, vérifier son statut vaccinal une fois par an lors d’une consultation de routine reste le moyen le plus fiable de ne manquer aucune protection.

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